
Après un été suffocant, je reprends des pièces que j’avais commencées il y a une vingtaine d’années, où je faisais émerger des espaces sonores, en composant, improvisant et jouant de la musique avec d’autres comparses végétaux.
Ce petit hoya sur l’image va m’accompagner au début de mon retour aux racines, avec quelques outils un peu plus modernes. La première étape est de monter un serveur Mosquito qui écoutera tout ce que les ESP32 connectés à chacun des sujets végétaux auront à lui raconter en wifi.
Ce sera surtout dans un premier temps les variations délicates de la lumière, le temps plus long de l’humidité du substrat, les tourbillons de la température locale, et l’ensemble complexe d’un électrophytogramme (on dit ça ? ou c’est électropysiologie végétale ?) avec son mélange de réactions lentes et de sursauts extrêmement rapides. Les petits amplificateurs d’instrumentation que je n’avais pas à l’époque m’ouvrent à un monde plus fin de transduction (est-ce que c’est bien le bon terme ?).
Il s’agira ensuite de construire musicalement à partir de ces signaux en temps réel (Node-RED sur le serveur vers Ableton Live en OSC par exemple). C’est la partie très numérique.
La deuxième étape est d’associer et de construire des synthétiseurs analogiques modulaires incluant directement les sujets végétaux dans le circuit, à base de petits oscillateurs très simples et la joie de pouvoir redire le mot vactrol après tant d’années.
Une fois les prototypes jouables et joués, je pourrai mettre en mesure de plus grands espaces, intérieurs comme la serre où je vais passer du temps dans les années à venir, et extérieurs comme les forêts et rivières dans lesquels je compte bien m’étendre, avec l’aide de mes frères et soeurs végétales.